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To Rome with love : la critique

Chagrin d’amour en vue pour les amoureux de Woody Allen. Après Vicky Cristina Barcelona et Midnight in Paris, le vieux maître n’en finit plus de vouloir nous faire partager son enthousiasme pour l’Europe. Hélas, ses vacances romaines sont à la carte postale ce que le texto est à la missive enflammée: un ersatz insipide. La Ville Eternelle sert de décor en carton-pâte à plusieurs intrigues rien moins que vaudevillesques - dans la pire acceptation du terme : Feydau peut se retourner dans sa tombe - , et qui n’ont pas même le bon goût de se croiser.

Certes, Penelope Cruz est renversante en putain magnifique – et l’italien lui sied à ravir. Certes, on retrouve avec plaisir un Alec Baldwin quelque peu oublié ces dernières années. Certes, enfin, le duo Jesse Eisenberg /Ellen Page fonctionne bien. Le rôle de cette dernière semble d’ailleurs avoir été écrit comme un manuel de séduction facile à l’usage des jeunes filles, lesquelles pourraient, à la rigueur, trouver au film un intérêt d’ordre utilitaire.

Mais les situations sont d’un classicisme affligeant. On ne reprochera pas à Allen son obsession pour les mêmes thèmes, l’adultère, la tentation, les jeux amoureux, les quiproquos. Mais là où Vicky Cristina… était subtilement sulfureux et délicieusement subversif, les voies romaines font figure de sentiers battus menant à des culs-de-sac (ou l’inverse).

Film à sketches, To Rome with love emploie à l’excès l’énorme ficelle du running gag : l’homme qui ne sait chanter que sous la douche, celui qui devient célèbre subitement (insupportable Roberto Benigni, au pire de son cabotinage). Woody Allen nous avait habitués à mieux, en termes de réflexion sur la célébrité (Scoop), qu’à cette mascarade vide d’intrigue, de réflexion, de subtilité.

Mais quid, au fait, du grand retour de Woody-l’acteur, qu’on n’avait pas vu depuis six ans ? Fidèle à lui-même jusqu’à la caricature, il parvient, soyons justes, à nous arracher quelques sourires. Ce qui est la moindre des choses, puisqu’il se réserve les meilleures répliques.

Pour parachever l’ensemble, la bande-son, qui reprend sans faillir le même thème d’accordéon, atteint péniblement le niveau d’un projet de fin d’études pour lequel les étudiants auraient eu du mal à trouver de la musique libre de droits.

Malgré un casting impérial, la dernière soirée-diapos de Monsieur Allen s’avère donc pénible, interminable, à peine drôlatique. Il est vrai qu’à s’imposer le rythme d’un film par an, on ne peut pas faire mouche à chaque fois. Allez, Woody, prends donc des vacances – des vraies. Et reviens-nous au mieux de ta forme, et de ta verve.

En bref : Panne d’inspiration manifeste pour l’opus 2012 de Woody Allen. Les acteurs et le décor ne parviennent pas à sauver cette série de sketches vaudevillesques.

Note : 1,5 /5

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gbfah
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